La France compte 15 millions de fumeurs. Un tiers des personnes de 12 à 75 ans (33 %) fume, ne serait-ce que de temps en temps. Entre 18 et 34 ans, près d'une personne sur deux fume. La prévalence tabagique passe de 9 % pour les 12-14 ans à 41 % pour les 15-19 ans et atteint un maximum de 48 % chez les 20-25 ans.
A quel âge commence-t-on à fumer ?
En moyenne, les jeunes fument leur première cigarette vers 14 ans et demi et commencent à fumer régulièrement vers 16 ans.
Combien de personnes
arrêtent de fumer chaque
année ?
Il est difficile de répondre à cette question car les fumeurs font souvent plusieurs essais avant de parvenir à s'arrêter de fumer. Plus de la moitié des fumeurs (59 %) hommes ou femmes déclarent avoir envie d'arrêter de fumer.
On considère que chaque année en France, 750 000 personnes arrêtent de fumer durant au moins un an, ce qui correspond à plus de 2 000 personnes chaque jour.
Que contient la
fumée de cigarettes ?
La fumée de cigarettes est un aérosol, un mélange de gaz et de particules qui contient quatre mille substances, dont plus de quarante sont cancérigènes. Une cigarette contient du tabac, de la nicotine, des agents de saveur et de texture : c'est ce qu'on lit sur les paquets de cigarettes. Ce qu'on ne sait pas toujours, c'est qu'une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique. Sa combustion provoque la formation de très nombreuses substances toxiques, dont les goudrons, des gaz toxiques (monoxyde de carbone, oxyde d'azote, acide cyanhydrique, ammoniac) et des métaux lourds (cadmium, mercure, plomb, chrome).
Pourquoi la mention "
light " ou "
légères " est-elle interdite ?
La composition de la fumée des cigarettes dites " légères ", light ou milds est presque identique à celle des cigarettes classiques. L'effet light repose essentiellement sur la présence de petits trous au niveau du filtre, qui permettent de diluer la fumée. Ces termes sont donc trompeurs et les fabricants de cigarettes n'ont plus le droit de les utiliser en France.
Pourquoi est-il si
difficile d'arrêter de fumer
?
La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les fumeurs peuvent en devenir dépendants. Il existe en effet trois types de dépendance au tabac :
- La dépendance environnementale ou comportementale :
La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les fumeurs peuvent en devenir dépendants. Il existe en effet trois types de dépendance au tabac :
- La dépendance environnementale ou comportementale :
Elle dépend de la pression sociale et conviviale. Le tabac est en effet associé à des circonstances, à des personnes et à des lieux qui suscitent l'envie de fumer. Quand on envisage d'arrêter de fumer, il est donc important de réfléchir à ce que l'on pourrait faire dans ces circonstances pour pallier l'envie de fumer ou éviter ces situations au moins au début. Cette préparation est essentielle pour apprendre à vivre dans son environnement habituel sans avoir recours au tabac.
- La dépendance psychologique :
Quand on est fumeur, la cigarette est un moyen de se faire plaisir, de gérer son stress ou son anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc. Cette dépendance est liée aux effets psychoactifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Cette dépendance peut apparaître peu de temps après les premières cigarettes fumées et varie considérablement d'un fumeur à l'autre.
La dépendance physique :
Elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac. Elle survient après plusieurs années de tabagisme, seulement chez certains fumeurs. Elle se traduit par une sensation de manque. Les substituts nicotiniques peuvent être utiles pour la surmonter : ils fournissent au corps une quantité de nicotine suffisante pour combler le besoin de tabac. Avec une dose adaptée à son tabagisme, le fumeur ne souffre plus de manque et la dépendance physique disparaît progressivement. Les gommes à mâcher, les comprimés à faire fondre sous la langue, les inhaleurs ou les timbres à la nicotine sont vendus en pharmacie sans prescription médicale. Le Zyban® est également un traitement de la dépendance physique.
Seule une prise en compte conjointe des trois types dedépendances permet aux plus dépendants d'arrêter de fumer.
A quels signes reconnaît-on que l'on est en manque de nicotine ?
Il existe différentes manifestations caractéristiques du syndrome de manque ; elles ne se présentent pas forcément toutes à la fois et sont le plus souvent dissociées dans le temps. Les symptômes de manque le plus souvent cités par les fumeurs sont :
- Des pulsions fortes à fumer.
- Une irritabilité, de la nervosité, de
l'agitation, de l'anxiété.
- Des perturbations du sommeil.
- Une humeur dépressive.
- Des troubles de la concentration intellectuelle, de même
qu'une augmentation de l'appétit ou une constipation.
Tous ces troubles sont les principales causes des difficultés et des échecs à court terme ; ils sont essentiellement liés au manque de nicotine et peuvent être considérablement améliorés par un traitement de substitution nicotinique adapté ou par le Zyban®.
Combien de temps dure le syndrome de manque ?
Une pulsion à fumer peut être forte et fréquente, mais elle ne dure jamais longtemps. Si la personne résiste, la pulsion durera en moyenne deux minutes, puis disparaîtra et reviendra quelques instants plus tard par vagues, qui elles aussi se calmeront. Dans une démarche d'arrêt, ces pulsions à fumer diminuent progressivement, à la fois en fréquence et en intensité, pour disparaître en quelques semaines (deux à huit selon l'importance de la dépendance physique initiale). Avec le temps, l'arrêt du tabagisme devient de plus en plus facile.
Après quelques semaines, les pulsions vont faire place à des envies moins fortes, moins violentes, qui sont moins des symptômes de manque que le souhait de prendre une cigarette, souvent déclenché par une situation particulière ou un environnement fumeur, convivial ou stressant.
Enfin, après quelques mois d'arrêt, les choses s'améliorent. De nouvelles habitudes se consolident. On se sent de mieux en mieux. Les envies de cigarettes vont disparaître et être remplacées par des pensées, sorte de souvenir nostalgique du plaisir que l'on prenait à fumer. Comme l'évocation d'un moment plaisant vécu des années auparavant, la pensée d'une cigarette va disparaître d'elle-même, sans effort.
Le 10 janvier 1991, la loi Evin
(n°91-32) est venue
renforcer le dispositif législatif avec succès :
- Elle favorise les augmentations du prix des cigarettes.
- Elle interdit toute publicité directe ou indirecte en
faveur du tabac et des produits destinés à
être fumés, prisés,
mâchés ou sucés, dès lors
qu'ils sont, même partiellement, constitués de
tabac, ainsi que les produits destinés à
être fumés, même s'ils ne contiennent
pas de tabac.
- Elle donne également droit aux associations ayant plus de
cinq années d'existence et dont l'objet est la lutte contre
les méfaits du tabagisme de porter plainte en se portant
partie civile devant les tribunaux.
- Elle pose le principe de l'interdiction de fumer dans les locaux
à usage collectif. Elle institue le droit des non-fumeurs
à être protégés de
l'exposition à la fumée des autres.
Quels sont les lieux où il est interdit de
fumer ?
Il est interdit de fumer dans tous les
locaux à
usage collectif, clos ou ouverts :
Restaurants, cafés, hôpitaux, entreprises
publiques ou privées, gares, aéroports,
transports publics, écoles, lycées,
universités… Tous ces lieux sont soumis
à la même règle : l'interdiction de
fumer en dehors des zones fumeurs. Le secteur privé et le
secteur public sont soumis aux mêmes obligations. Les zones
fumeurs doivent bénéficier d'une ventilation
définie par un texte réglementaire, afin
d'éviter que la fumée n'atteigne les zones
non-fumeurs.
Quelles sont les sanctions prévues en cas
d'infraction ?
Le code de la santé publique prévoit une amende de 450 euros maximum (contraventions de 3ème classe) pour les personnes qui fument en dehors des zones fumeurs et une amende de 1500 euros maximum (contraventions de 5ème classe) pour les responsables des locaux quand il y a infraction relative au respect des normes pour les fumoirs, la ventilation et la signalisation.
Les patchs, comment ça marche ?
Dès que le patch est
collé sur la peau,
la nicotine commence à traverser la barrière
cutanée avant d'atteindre la circulation veineuse. L'effet
commence à être perceptible au bout de trente
minutes environ et se poursuit tout au long de la journée.
La diffusion de nicotine est proportionnelle à la surface du
patch et au temps de pose sur la peau. En début de sevrage,
la dose de nicotine doit être suffisante pour compenser
l'apport habituel de nicotine obtenu en fumant. Si les
symptômes de manque persistent, il convient de revoir le
dosage des patchs avec son médecin.
Les patchs les plus petits doivent être utilisés
en fin de période de sevrage, jamais au début.